Clarinette au Québec

De la Seine au Saint-Laurent

La neige a rendez-vous avec Montréal

Classé dans : Non classé — 22 décembre, 2014 @ 7:34

21 décembre 2014, premier jour de l’hiver.
La première première neige est arrivée dès mi-novembre (le jour de mon déménagement!), puis la vraie neige tout court, s’est installée depuis début décembre, et il y a quinze jours j’ai connu ma première tempête!
C’est complètement fou! La ville change totalement d’apparence quand elle met elle aussi son manteau d’hiver. Je ne reconnais plus les rues, les parcs, tout prend une autre allure et c’est encore une nouvelle découverte de Montréal qui s’offre à moi…

Je vais vous raconter cette fameuse tempête.
Si ma mémoire est bonne, tout commença un mardi. Un matin comme les autres, tasse de café fumant dans une main, muffin double chocolat dans l’autre et grosses chaussettes moelleuses aux pieds, je me tiens prête devant la fenêtre pour le début du spectacle. Voilà 3 jours qu’on nous annonce la tempête et c’est aujourd’hui que ça doit commencer. 15 cm attendus aujourd’hui, envoyez la sauce, j’ai même pas peur! J’ai tout ce qu’il faut, un bon manteau, des bonnes grosses chaussures pour endurer sans peine les -30°, une grande écharpe, un cache cou, un bonnet et des gants.
Les flocons tombent pour l’instant tranquillement, épais et réguliers, ne laissant rien percevoir de leur force à venir, comme des éclaireurs envoyés pour tromper notre vigilance et nous attendrir par le spectacle qu’offre leur danse dans le ciel. En à peine quelques heures tout est déjà bien blanc, plus un seul brin d’herbe à l’horizon, pire, je ne vois presque plus la brouette du voisin dans le jardin d’en face.
Puis viens l’heure d’aller travailler, de sortir et de voir ça d’un peu plus près. La première étape consiste à descendre l’escalier extérieur en colimaçon dont les marches tapissées de neige moelleuse promettent une belle gamelle à qui glissera dessus! Claire 1 – Escalier 0.
Tout est blanc dans la rue, les troncs d’arbres sont couverts de neige du côté d’où vient le vent et les voitures stationnées sur le côté commencent à être emprisonnées dans plusieurs centimètres de neige. Sur les grandes avenues la circulation ne faiblit pas, à peine a-t’elle ralentit un peu car le sol est tout de même glissant. Mais si les routes sont vite déneigées, les trottoirs, eux, souffrent un petit peu plus longtemps de l’enneigement. On se retrouve alors à marcher sur des oeufs, en pingouin, cuisses contractées pour compenser tout début de glissade, regard planté au sol pour anticiper toute fourberie du fameux duo « neige au-dessus – verglas en dessous » (très bon duo comique, en représentation tout l’hiver à Montréal!) et pour éviter les flocons en pleine face. Ouf j’arrive au métro. Bouffée de chaleur. Vite retirer l’écharpe, ouvrir un peu le manteau, enlever le bonnet, le mettre dans la poche de droite, enlever les gants, les coincer sous le bras, attraper un mouchoir au fond de la poche de gauche, non pas celui-là il a déjà servi 3 fois, se moucher, souffler un coup, descendre du métro, remettre le bonnet, l’écharpe, jeter le premier mouchoir à la poubelle et garder l’autre pour les 2 prochaines fois, remettre les gants, pousser la lourdissime porte du métro et attendre le bus dehors. En file indienne s’il vous plait! Mais que s’est-il passé? J’ai fait 2km en métro, ça m’a pris 6 minutes, et j’ai l’impression que les flocons ont profité de mon absence pour prendre encore plus possession du territoire. Ils sont vraiment fort. C’est leur nombre qui fait leur force je crois. Car ils tombent toujours aussi tranquillement.
8 heures de travail plus tard, me revoilà au combat. À mes côtés Hélène, prête elle aussi à en découdre. C’est décidé, nous n’attendrons pas le bus pour rejoindre le métro, nous allons marcher sous cette neige battante qui n’a pas faibli une minute depuis ce matin. Je prends le temps de laisser la trace de mon séant sur le banc où j’aurais pu mourir congelée si j’y avais réellement attendu mon carrosse. Là où il nous faut normalement 10 min pour atteindre le métro depuis l’hôpital, ce soir il nous aura fallu bien le double. Parce que ça glisse, mais surtout parce qu’émerveillées que nous sommes, nous prenons tout plein de photos de tout partout, 10 fois les mêmes, mais elles ne montrent jamais assez bien la beauté de ce que nous avons en vrai devant les yeux. Et on se lance des défis, chiche que tu marches là et que t’auras de la neige jusqu’au genoux, grimpe sur ce vélo et essaye de pédaler, viens pousse moi et j’essaye de patiner… Oubliée la fatigue du travail, oublié qu’il est minuit et demi et que si on traine trop on aura plus de métro. C’est un vrai plaisir de marcher et de jouer sous cette neige…
Jour 2 de la tempête. Bon, il faut se rendre à l’évidence, on savait que les flocons avaient une armée en nombre, et ils le prouvent. Le vent s’est levé aujourd’hui et les bourrasques fouettent le visage. Je redécouvre ma rue 12 heures plus tard et elle n’est encore plus la même. Je ne sais plus où se trouve le bord du trottoir de la chaussée. La déneigeuse est passée sur la route et sur les trottoirs, mais le travail est vite vain puisque la neige reprend vite là où elle est était. Ils dament les trottoirs, les voilà donc plus praticables et moins casse-gueule qu’hier puisque le verglas a été recouvert par la neige et la neige tassée. Mais quand ils déneigent les trottoirs, ils poussent la neige sur les côtés et voilà donc qu’à certains endroits on se retrouve avec un tas de 50cm de haut à enjamber sur continuer sur le trottoir d’en face. Difficile de couper par des raccourcis, on est obligé de suivre le chemin balisé par la déneigeuse si on ne veut pas s’enfoncer jusqu’aux genoux. Métro à nouveau, même rituel à nouveau. Je retrouve Hélène dans le même wagon que moi et on sort ensemble attendre notre bus. Et on filme la neige qui tombe, les tourbillons de vent et de flocons, le ciel bas, la lumière froide. Mais là non plus on n’aura aucune vidéo qui montrera suffisamment bien ce que nous nous voyons. Le bus nous laisse quelques mètres avant l’hôpital. Les derniers mètres à parcourir sont difficiles. Aujourd’hui le vent est de la partie et il se trouve être un adversaire coriace. Les devants de l’hôpital avaient été déneigés hier, mais aujourd’hui on dirait que le commis au déneigement a renoncé. Il se sera sûrement dit que foutu pour foutu, il attendra bien la fin de la tempête. On ne voit presque plus l’assise des bancs tellement la neige au sol est haute. Nos pieds s’enfoncent complètement dans la neige et disparaissent. Et on prend des photos, et des vidéos, et des photos encore! 8 heures de travail plus tard, la récré a sonné et on se précipite à nouveau dans la neige. Je laisse une nouvelle trace de mon séant au même endroit sur le même banc. Inutile de dire que la trace d’hier a totalement disparu! On est encore plus émerveillées que la veille, on a encore plus envie de dire « nan mais c’est diiiiiingue toute cette neige ». Et on le dit. Et comme si les yeux d’Hélène voyaient encore plus de neige que les miens, elle ponctue ses « nan mais c’est diiiiiiingue » par des « mais regaaaaarde là tout ce qu’il y a ». Et je lui réponds « mais et là regaaaaaaarde! ». Parce que moi aussi mes yeux voient encore plus de neige que les siens.
En rentrant chez moi je découvre que la neige s’est avachie sur ma porte d’entrée, je suis obligée de déneiger à grands coups de chaussures. Et quand j’ouvre pour rentrer, ce qui a collé dans le bas de la porte tombe sur le paillasson à l’intérieur. Il faut donc que j’arrive maintenant à retirer mes chaussures sans poser les pieds là où la neige s’est déposée.
Jour 3. Bon ok. Devinez quoi? Il neige. Jour de repos aujourd’hui, je passe la journée avec Hélène. Magasinage, cafés chauds, balade. On voulait aller voir les décorations de Noël sur le vieux port mais aujourd’hui la neige est moins agréable. Le fond de l’air est humide et on a finalement plus envie de se réfugier dans un Starbuck au chaud que de sortir nos appareils photos. Mais même si la neige nous a un peu lassé aujourd’hui, elle nous a quand-même offert une bonne tranche de rigolade. Un automobiliste stationné sur le côté de la chaussée qui tentait désespérément de sortir sa voiture de sa place. Sauf qu’il n’a pas pris la peine de déneiger devant ses roues. Il a donc manoeuvré à grands coups d’accélérateur et d’embrayage, avançant et reculant dangereusement près des voitures garées devant et derrière lui. On a bien cru qu’il allait leur rentrer dedans, ou briser son embrayage! En tous cas il ne s’est pas rendu compte qu’il avait deux spectatrices un peu plus loin qui se pissaient dessus de rire se moquant de ce fou de la pédale que nous avons fini par applaudir vigoureusement de nos gants quand il est sorti de sa place 10 bonnes minutes plus tard. Ce à quoi nous avons eu une moufle. Enfin un doigt d’honneur je présume mais main cachée dans la moufle, nous n’avons vu que la moufle. Mémo personnel: penser à filmer la prochaine fois.
Jour 4. Ça ne s’arrêtera donc jamais? Si, ça s’arrête aujourd’hui. Fin de la tempête, il ne neige plus. Il n’y a plus qu’à attendre maintenant le retour du soleil et du ciel bleu pour profiter de la lumière extraordinaire que toute cette neige va offrir. Mais qui dit soleil et ciel bleu dit froid!
Malheureusement le temps est resté maussade plusieurs jours. Quelques petites chutes de neige de temps en temps mais juste de quoi entretenir. La neige ne fond pas (ou peu), les parcs sont superbes, les toits, les arbres…
Avant la tempête on a eu une journée à -17 ressenti -22. Euh… C’est frètt comme ils disent ici. J’étais obligée de rentrer une fois ou deux dans un magasin pour me réchauffer. Faussement intéressée par les articles du magasin, un petit tour de 3-4 minutes au chaud et c’est reparti. Les vendeurs ont visiblement l’habitude de ce manège puisque j’ai eu droit en sortant du magasin à un « Tu t’es-tu ben réchauffé toé, fa frètt dehors » !

Autre joie de la neige, ce weekend nous sommes parties avec Hélène dans les Laurentides. J’ai découvert le coin à la fin de l’été et je l’ai redécouvert sous la neige. C’était superbe. Les lacs gelés, les arbres nus recouverts de neiges, les sapins tous blancs, ces petites montagnes avec les pistes de ski… Nous avons passé le weekend dans une auberge avec spa extérieur (Ça se fait beaucoup ici, bain bouillonnant chaud dehors, hammam et sauna) et on s’est baladé dans les villages autours, on a pris des petites routes… Un vrai weekend canadien comme on voudrait en faire tous les weekends!

Vous allez voir aussi dans l’album qui suit des photos de la rando que j’ai faite il y a 15 jours avec Vincent (mon ancien coloc) dans les Adirondacks, une chaîne de montagne à cheval sur le territoire américain et canadien. Nous nous étions côté américain, dans le nord de l’état de New-York. Il n’a pas fait beau ce jour là mais la ballade était très agréable et d’un bon niveau quand-même puisque nous avons marché 5 heures sans nous arrêter car à l’arrêt on se refroidissait en 5 minutes…

Je vous laisse avec les photos, elles vous diront ce que je n’ai pas dit avec des mots…

Je progresse

Classé dans : Non classé — 11 septembre, 2014 @ 8:09

Oui je progresse, car maintenant je suis capable de prendre le métro en écoutant de la musique, en regardant à peine les panneaux, j’ai ma carte de transport et je sais même indiquer une direction de ligne quand on me le demande.
Tout doucement je m’approprie les rues, je sais où je me trouve, je sors moins souvent mon plan, j’ose traverser les rues en dehors des passages (ouais bon), je m’arrête prendre un café à emporter et j’ai bien la commande souhaitée, je repère que tel magasin est à tel endroit, je sais que tel japonais est bon et que tel supermarché est plus cher. Je me sens à l’aise dans ce nouveau paysage, les rues me sont accueillantes. Je prends le métro et je m’y comporte comme tout le monde, je fais mes courses comme tout le monde, je vais au yoga comme beaucoup de monde.
Cette sensation d’être peu à peu chez moi sans l’être encore vraiment…

Alors oui je me suis mise au yoga! Et bien c’est loin d’être simplement de la méditation, c’est très physique! C’est un sport (est-ce qu’on peut appeler ça un sport?) très pratiqué ici. On trouve facilement des centres un peu partout à chaque coin de rue proposant différentes disciplines de yoga. Celui où je vais m’a été conseillé par une amie de ma cousine Judith et il est tout près du l’endroit où je vais habiter (5min à pieds).
Oh mais que d’informations me direz-vous! J’ai en effet trouvé mon nid à moi. C’est une grande chambre lumineuse dans un grand appartement que je vais partager avec Vincent un français, et Eric un québécois, tous les deux d’une trentaine d’années et qui ont l’air très sympa. L’appartement se trouve en rez-de-jardin, très recherché ici contrairement à chez nous. Il y a une petite terrasse à nous derrière et un petit jardin que l’on partage avec la maison d’à côté. Je suis juste à côté du métro (critère qui prends tout son sens en hiver!) et très bien placée dans Montréal.
Oui les rez-de-chaussée sont très recherchés parce qu’ils ont l’avantage d’avoir quasiment toujours le jardin derrière (qui donne sur les fameuses petites ruelles!). Alors que les appartements au-dessus n’ont qu’un balcon. Côté rue, les fenêtres ne donnent quasiment jamais directement sur la rue. D’abord parce que bien souvent le rez-de-chaussée est légèrement surélevé par rapport à la route (pensez aux (centi)mètres de neige qui bloqueraient l’entrée sinon), et puis parce que les maisons sont en retrait de la route avec leur petit jardinet devant, puis le trottoir avec une allée piétonne et une allée d’arbres.

A côté du yoga je me suis remise à courir tous les matins, tant que le temps le permet. Les gens courent beaucoup aussi. Partout en France aussi on voit les gens courir dans les parcs, mais ici je trouve que la pratique du sport en ville est vraiment décomplexée. On en voit certains avec des tenues de sport incroyables, des équipements de pointe, des couleurs fluo, des grands groupes de gens courir ensemble et se motiver entre eux, d’autres font leurs abdos dans l’herbe, d’autres encore font du yoga ou du thaï-chi… Personne ne regarde personne, juste un sourire quand on se croise bouche ouverte, rouge et transpirante (pour ma part en tous cas). Alors moi aussi je fais mes abdos dans l’herbe et mes pompes sur le banc. Quand je vous dis que je deviens madame-tout-le-monde!
A côté de cette grande reprise sportive, je reprends aussi en main mon alimentation. C’est drôle parce qu’ici la mal-bouffe est très accessible, on trouve tout ce qu’on veut comme street food, comme cafés  et autres. Mais une bonne alimentation est aussi très facile à trouver. Il y a beaucoup plus de nourriture bio dans les supermarchés (pas besoin d’aller dans des magasins spéciaux comme en France), beaucoup de produits 0%, de produits tels que le tofu, quinoa, les lentilles fraiches, toutes sortes de fèves et autres graines, des crudités aussi dans des conditionnements prêts à l’emploi… Certaines choses sont plus chères mais pas toutes. Je trouve donc que ce n’est pas compliqué d’acheter des bonnes choses. Bon je n’ai pas arrêté la bière pour autant hein, faut pas déconner!

Pour le moment je n’ai pas vraiment eu de contact plus franc que ça avec des québécois, hormis la caissière de Jean Coutu. L’occasion d’une vraie conversation ne s’est pas vraiment présentée encore. Je suis allée à une soirée avec Nicole, une infirmière française qui est arrivée ici il y a quelques mois et avec qui j’étais en contact depuis Paris. Elle m’a emmenée avec elle à une pendaison de crémaillère, mais c’était chez une amie française avec des amis français. Il semblerait que malgré tout il soit plus ou moins inévitable de se côtoyer surtout entre français, au départ en tous cas, car les québécois ont la réputation d’être « faciles d’approche mais difficiles d’accroche »…

La prochaine fois je vous parlerai de la balade que je m’apprête à faire cet après-midi au Mont-Royal pour aller profiter des « de plus en plus probables derniers » jours de soleil et de chaleur.
Je commence à jeter un oeil aux manteaux aussi parce que la fraîcheur va nous surprendre rapidement d’un jour à l’autre. Pas tout de suite le grand froid biensûr, mais le zéro peut vite nous tomber dessus, le matin en tous cas.
Ce week-end je vais à Québec voir ma copine québécoise Laurence. J’y vais avec Marine, une copine que Laurence avait rencontrée en même temps que moi quand elle était à Paris, et il se trouve que Marine aussi est venue vivre à Montréal!
À suivre donc…

Voilà cette fois-ci je vous ai parlé un peu plus de moi que de Montréal.
Je n’ai pas pris énormément de photos cette semaine, mais je vous laisse voir celles qui ont le mérite d’exister déjà…

 

Je progresse
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Au revoir août!

Classé dans : Non classé — 31 août, 2014 @ 10:21

Dimanche 31 août. Fin de l’été. Pas encore l’automne mais cette nuit un gros orage a éclaté et le soleil a suivi l’eau de pluie dans les rigoles, il s’en est allé…

Bon, avant tout il faut que je vous parle de l’endroit où je me trouve présentement.
Le dimanche à Montréal, on « chill ». On prend du bon temps, on se relaxe dans les cafés. C’est exactement ce que je suis en train de faire. Bien cachée derrière un café à la façade banale offrant du ouaillefaille gratuit, j’ai eu la chance de tomber sur une terrasse en arrière cours toute en bois et ombragée par ce qui me semble être un tilleul. Non pas que le soleil soit écrasant, bien au contraire, mais si cet arbre ne joue pas son rôle de parasol aujourd’hui, il a le mérite de rendre à cet endroit un charme champêtre, et de faire parapluie!
Autours de moi beaucoup d’anglophones. Je suis boulevard Saint-Laurent, frontière qui sépare symboliquement la ville en deux, à l’est la partie francophone, à l’ouest Elisabeth II règne en maître. C’est d’ailleurs à partir de ce boulevard que se construit la numérotation des axes est/ouest de Montréal: ainsi, le numéro 4675  de l’avenue Mont-Royal par exemple (perpendiculaire au boulevard Saint-Laurent, donc est/ouest)  existe deux fois, 4675E et 4675O. A bon entendeur…
Sorti de ces grands axes nord/sud et est/ouest où la circulation peut être dense et bruyante, les rues se croisent et se recroisent toujours à angle droit et forment de petits (non, grands en fait) pâtés de maisons calmes où l’on oublierait presque qu’au croisement suivant on trouve toute la vie qu’une grande ville nord-américaine peut offrir à toute heure du jour et de la nuit.
Entre chaque rue on découvre des petites ruelles où se regardent les cours et jardins des maisons de part et d’autre. On ne les trouve pas sur les plans, et pourtant c’est là que les voisins d’en face se disent bonjour, chacun dans son hamac, ou bien pince à la main occupé à faire griller la viande au barbecue.

Ma balade aujourd’hui m’a d’abord menée avenue Mont-Royal justement, où une grande braderie avait lieu. On trouve de tout mais essentiellement des fringues, des livres, des bijoux et des terrasses de café (un peu désertées aujourd’hui, toutes n’ont pas la chance d’avoir un tilleul!). Il y avait aussi « l’avenue du cinéma », petit festival vivant son dernier jour d’existence aujourd’hui et qui présentait sur fond de musique électro des films indépendants de tous horizons. J’ai raté la dernière projection. Mais j’ai attrapé au vol le programme du prochain festival qui se tiendra en lieu et place mi-septembre: l’avenue gourmande! Dégustations de produits, rencontres avec les artisans et producteurs, ateliers culinaires rythmeront la vie de l’avenue Mont-Royal les 13 et 14 septembre. Il se pourrait que j’y sois, surtout à l’atelier dégustation!
En remontant l’avenue, je me suis arrêtée chez Jean Coutu. Jean Coutu c’est le magasin où on trouve de tout, sauf l’alimentaire. Chez Jean Coutu, on peut acheter du dentifrice (c’est ce pour quoi je suis venue), des béquilles, des piles, des pansements, du parfum Chanel, et Jean Coutu possède même des rayons de médicaments par thème de pathologies. Si vous êtes plutôt constipé ce sera au fond à gauche (oui, au fond), si vous avez des problèmes d’eczéma alors ce sera après les piles à droite, et pour les problèmes plus sérieux nécessitant une prescription médicale, Jean Coutu vous propose la « cueillette et la livraison de vos prescriptions ». Champêtre aussi comme ambiance!

Ensuite j’ai eu envie de monter un peu plus au nord, vers le marché Jean Talon. Tous les jours, de 7h à 18h, vous pouvez magasiner toutes sortes de légumes bio, céréales en vrac, piments aussi rouges et attrayants que probablement dangereux (je ne les ai pas testés malgré les incitations vivantes de la vendeuse sud-américaine), déguster des huîtres au comptoir, boire un espresso dans un des cafés italiens autours du marché (le marché se situe dans le quartier de la petite italie, ndlr). Moi j’ai trainé mes adidas bleu au milieu des allées, j’ai reniflé les odeurs à plein poumon et j’ai ouvert grand mes yeux pour repérer les étals où je me verrai bien faire mes réserves quand j’aurai ma cuisine à moi.

Ces derniers jours ont aussi été l’occasion pour moi de retrouver la famille dans un châlet au bord d’un lac dans la région des Laurentides, au nord de Montréal. Beaucoup de Montréalais vont y profiter de la fraîcheur des lacs l’été, des couleurs rougeoyantes des arbres « en masse » à l’automne, et des joies de la neige et de tous les sports qu’elle offre en pleine nature, à seulement une heure de route de la ville. Pour nous ce fût l’occasion d’être en famille au calme, de profiter du temps qui passe en pêchant des petits poissons, en allant observer des barrages de castors grâce au canoë, et en se remémorant quelques bons souvenirs de famille ponctués de grands éclats de rire.
Et c’est au retour de cette parenthèse bucolique que j’ai dégusté ma première poutine! Chacun saura que la poutine consiste en un plat de frites arrosées de sauce brune et de fromage « squiz-squiz » (pour le bruit qu’il fait). D’ordinaire, il est de coutume de manger la poutine pour éponger ce que l’on a pu siffler d’alcool en trop. Mais pour nous c’était à jeun et l’estomac dans les talons (aucun rapport avec le marché) que nous avons plongé nos fourchettes dans ce concentré de culture québécoise. Et c’était bon, calice!

« Calice, tu connais pas la relish?! » comprendre « juron, tu connais pas la sauce sucrée aux cornichons?! » et prononcer « coliéce, tu conné pô lo reliésh?! » Voilà ce qu’on m’a dit quand j’ai demandé ce qu’était cette sauce verte dont on voulait arroser mon hot-dog. Ben la relish c’est vachement bon dans un hot-dog (non, ils ne disent pas chien-chaud, faut pas exagérer)! J’ai mangé ça au concert d’Arcade Fire, groupe de rock québécois connu jusqu’en France (la preuve, je connais) et qui faisait hier soir à domicile le dernier concert de sa tournée. « Tellement grand show ». J’y étais!

Aller, je vous laisse car ma bière réchauffe…

Photos à suivre!
Hélène, sauras-tu trouver le clin d’oeil qui t’est destiné?

Au revoir août
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Petite (toute petite) idée sur Arcade Fire:

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Premiers pas

Classé dans : Non classé — 27 août, 2014 @ 3:19

Bien, alors m’y voilà. Premier pas à Montréal, et premier pas en tant que blogueuse! Pour vous rassurer, l’un n’est pas plus assuré que l’autre, mais je vais y arriver!

Je ne sais pas encore quel ton je veux donner à ce blog. Des photos, des anecdotes, un journal où je raconte tout et rien de mes humeurs, un défouloir, une vitrine touristique… Je verrai à l’usage. Et peut-être m’aiderez vous aussi?!

Depuis 2 jours je suis une enfant dans un magasin de jouets. Je redécouvre Montréal, que je connaissais un tout petit peu, mais avec un oeil différent. Ce sont mes rues maintenant, mon métro, mes supermarchés, mes cafés… Mais ce ne sont pas encore vraiment mes rues, mon métro, mes supermarchés ni mes cafés.

Passées les démarches administratives de tout travailleur temporaire qui arrive au Québec, qui se passent somme toute assez bien et de façon plutôt bien organisée (mieux que ce que j’ai pu connaître en les faisant depuis la France), je passe beaucoup de temps à déambuler dans les rues.
Je me retrouve attentive à tout ce qui se passe autours de moi. Les poubelles de tri sélectif à chaque coin de rue et même dans le métro (je n’ose plus jeter mes déchets n’importe comment), les « préposés à l’entretien » poliment appelés au micro à venir nettoyer un quai de métro, les messages de cordialité placardés sur les portes d’espaces publiques, les… Oui, il faut que je m’explique là: En effet, d’un côté d’une porte, on se verra prié de « pousser la porte doucement, il pourrait y avoir quelqu’un derrière », quand de l’autre côté on se verra avertit que « attention, quelqu’un pourrait ouvrir cette porte brusquement ». Nous voilà prévenus!

Je me découvre un peu timide aussi, redoutant presque de devoir parler à quelqu’un, tellement l’accent est parfois incompréhensible. Je me suis ainsi retrouvée avec un café au lait plein de glaçons et un arrière goût chocolat en taille medium, alors que je voulais un thé glacé nature en petit format. Allez comprendre… Je n’ai pas osé non plus demander à ce même serveur si le wifi marchait sur la terrasse, ne sachant pas s’il fallait que je prononce ouifi ou bien ouaillefaille. Dans les deux cas je me sentais ridicule!

Les rayons des supermarchés sont un grand terrain de jeux aussi. Si j’avais été une touriste, j’aurais pris des photos d’à peu près tout. Mais en tant que Montréalaise, je me suis contenté de traverser les rayons sobrement, mais en rigolant bien intérieurement.
J’ai pu ainsi constater que Vaseline est une grande marque de crème hydratante pour peau très sèche, que le camembert Le Rustique coûte plus de 15$ et le Babybel 9$, qu’on trouve de la bière Titanic (que j’ai testée biensûr, que même que si j’avais été triste j’y aurais noyé mon chagrin tellement qu’elle est forte et mauvaise), qu’il existe 1000 sortes de lait écrémé à 1%, 2%, sucré, non sucré, du lait pour café, du lait pour céréales…
Mémo personnel: le lait 1% n’est pas un achat concluant…

Voilà j’ai aussi croisé un véritable groupe québécois en véritable chemise à carreaux tournant un clip dans le quartier de Sherbrooke, les candidats de la Star Academy locale signer des autographes à de jeunes demoiselles secrètement amoureuses de Justin Bieber mais se contentant de la timide bafouille d’artistes pas encore accomplis mais déjà déchus, des pianistes anonymes et très doués pour certains jouer sur des pianos en libre accès au coin des rues, et un chanteur de rue fredonner « on dirait le sud » et qui me l’a collée dans la tête pour toute l’après-midi (vous aussi maintenant nan?).

En espérant que ce premier billet vous aura plu, je vous dit à bientôt pour de nouvelles aventures, et je vous laisse jeter un oeil aux quelques photos que j’ai pu prendre…

Montréal, premiers pas
Album : Montréal, premiers pas

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